French
Portuguese

De la mort à la vie

Mon nom est Peter. Je suis un ancien élève de l’Université [Hekima College, où la célébration de l’anniversaire a eu lieu]. Je vis avec le VIH depuis 17 ans et je suis encore fort. Comment suis-je venu à AJAN ? En 2007, je suis allé à la rencontre ignatienne, en préparation du Forum Social mondial, et j’ai participé à un débat thématique sur le VIH/SIDA. C’est à ce moment que j’ai révélé mon statut pour la première fois.

En 2009, je n’étais pas bien. Quand je dis que je n’étais pas bien, je veux dire que j’étais en train de mourir, loin dans ma région rurale. Sur mon lit de mort, souffrant de la tuberculose et du VIH, et vous savez que la combinaison est tout à fait mortelle, j’ai dit à Dieu, « je crois que vous ne m’avez pas créé pour terminer ma vie sans me laisser le temps de faire quelque chose pour vous. Je vous demande sincèrement, je vous invite, je vous supplie de me relever de ce lit de mort. Montrez-moi ce qu’il faut que je fasse pour vous. Pendant ce temps, donnez-moi l’occasion de revenir à l’école. L’école ouvrira mon esprit afin de voir les choses très différemment. En outre, retourner à l’école, Seigneur, va me sortir de cet environnement stigmatisant. »

Comme un enfant, c’est ma maman qui venait prendre soin de moi. La matinée qui a suivi, elle est venue et a vu que mes yeux étaient plus lumineux. Elle a vu quelque espoir et a dit, « aujourd'hui tu as l’air lumineux. » Et, en effet, ma prière a été exaucée. Ce fut le début de mon passage de mon lit de mort, à là où je suis aujourd'hui.

Je savais que j’avais besoin de retourner à l’école. Quelque chose m’a poussé à contacter Père Mombe [l’ancien directeur d’AJAN]. Je lui ai expliqué ce que je vivais. À cette époque, je pesais 37 kilos. Pouvez-vous imaginer à quoi je ressemblais ? En tout cas, j’ai une formation en gestion de projets, et ces compétences étaient nécessaires à AJAN.

Ainsi, ma vie a commencé. J’avais l’habitude d’aller à la messe. J’ai obtenu une bourse pour faire ma maîtrise à Nairobi, entièrement payée, grâce à un programme catholique. Ma prière pour retourner à l’école a été entendue. Mais je ne savais pas comment survivre les coûts indirects, comment manger. J’étais encore sous médicaments pour la tuberculose. Avec le VIH et la tuberculose, vous avez besoin de manger. Je n’ai pas eu honte d’approcher la communauté jésuite et ils m’ont accueilli comme un frère.

Je changeais de traitement pour passer au traitement de deuxième intention. Le traitement de première ligne avait échoué, parce que je cherchais un remède. Je suis allé dans une maison de prière. On nous a dit, « quand vous y allez, ne prenez pas vos médicaments, ne prenez que votre foi. » Et vous savez ce qui arrive quand vous ne prenez pas vos médicaments. Ainsi, la première ligne a échoué ainsi que la deuxième. Je suis allé dans une autre maison de prière. Il y avait un « prophète » et l’idée était que, « si vous venez chez moi, ne venez pas avec des médicaments. » J’ai abandonné mes médicaments pendant encore trois semaines. Alors maintenant je suis en traitement de troisième ligne.

Lorsque je suis devenu une statistique, j’ai dit, « que puis-je faire pour vous, Seigneur ? » Et j’ai décidé d’écrire un livre, pour combattre le stigma et la discrimination parce que j’ai vraiment souffert de cela. Certaines personnes qui avaient presque abandonné, qui vivent avec le VIH, sont passé par la métanoïa et je sais que le livre va toucher plus d’âmes – il s’agit d’une mission. Maintenant, je tends ma main, j’ai donné des conférences dans des universités, des écoles et des entreprises.

AJAN m’a relevé de mon lit de mort pour m’aider à devenir qui je suis aujourd’hui. J’ai réalisé ce que je voulais : un niveau de charge virale indétectable. Savez-vous ce que cela signifie que pour une personne vivant avec le VIH ? C’est tellement joyeux.