French
Portuguese

AJAN sera le dernier à quitter la scène

« Qu’allez faire au Kenya ? Discuter avec les gens là-bas sur le manque de ressources pour soutenir les personnes vivant avec le VIH, comme moi ? Dites-leur ceci : si je suis vivant aujourd'hui, c’est parce que j’ai eu la chance d’avoir été amené de mon village lointain à cette ville et d’obtenir de l’aide auprès de vous, Parlons-SIDA. Combien d’autres sont dans cette situation d’isolement, où personne ne s’imagine jamais parvenir à eux. Tant de gens tombent malades, souffrent et meurent sans que personne ne sache rien à leur sujet. Ces gens ont besoin de vous, Parlons-SIDA, ils ont besoin d’espoir. Donc, n’allez pas au Kenya pour discuter des ressources. Dites-leur de parler de comment nous, les personnes vivant avec le VIH, pouvons être aidées. »

Père Kubananbantu a entendu ces paroles d’un garçon à Kisangani, une ville immense, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo, où les Jésuites gère une paroisse proposant un programme SIDA appelé Parlons-SIDA. Père Kubananbantu a rapporté fidèlement le message aux événements auxquels il était venu participer à Nairobi en juin, pour marquer le 15e anniversaire d’AJAN.

L’essence de cet urgent message du garçon n’était pas nouvelle pour les administrateurs d’autres programmes SIDA des Jésuites qui ont convergé vers Nairobi pour cette occasion joyeuse. Tant de fois, ils ont entendu ces mots parmi les personnes qu’ils servent, abondant dans ce sens : « si vous n’aviez pas été là, nous serions morts. »

De différents coins d’Afrique, du Togo, à Madagascar, au Burundi, la Zambie, chacun d’eux a expliqué comment leurs services font une différence concrète dans la vie quotidienne des personnes touchées par le VIH / SIDA souvent parce qu’ils sont les seuls à fournir un service accessible. À Hekima University College, le lieu de la célébration du 23 juin, les divers projets avaient un stand pour donner un aperçu de la vitalité de leur mission.

Père Orobator Agbonkhianmeghe SJ est Président des Supérieurs Jésuites d’Afrique et de Madagascar (JESAM), qui est le « parent » d’AJAN. Il a assuré les invités à la célébration qu’AJAN était là pour rester, pour répondre aux besoins des personnes touchées par le VIH / SIDA, et que le réseau « sera le dernier à quitter la scène ».

Père Orobator a rassuré davantage que le JESAM mettra en place tous les mécanismes pour soutenir cette noble tâche, pour s’assurer que son mandat soit rempli, et continuer à « soutenir l’Église à vivre pleinement le kairos à long terme qu’est le SIDA, » selon les mots de l’ancien Supérieur Général Jésuite, Père Adolfo Nicolas SJ.

Le Cardinal John Njue, archevêque de Nairobi, a présidé la messe de l’action de grâce avec de nombreux concélébrants, y compris Père Orobator, Père Elphège, Père Joseph Afulo SJ, Provincial de la Province d’Afrique Orientale Jésuite et des directeurs de projets AJAN sur le terrain. Le Cardinal a encouragé les participants à respecter la valeur de l’amour, disant que nous devons tout faire avec amour, parce que c’est seulement de cette manière que nous serons en mesure d’exprimer la présence de Dieu parmi son peuple. 

Les témoignages partagés à travers les journées de célébration de l’anniversaire d’AJAN ont révélé que ceux qui sont impliqués, font tout leur possible pour être des signes de l’amour de Dieu envers les autres, abaissés par le SIDA. L’invité d’honneur a symbolisé cet amour : Sœur Mary Owen, qui dirige l’Institut de Secours des Enfants de Dieu (Nyumbani) au Kenya. Nyumbani a été fondée par le feu Père Angelo d’Agostino SJ en 1992 comme un hospice pour les orphelins abandonnés qui étaient en train de mourir du SIDA. Sœur Mary, sa fidèle collaboratrice, a rappelé la joie de Père « D'Ag » quand le JESAM a décidé de démarrer AJAN en 2002.

Sœur Mary a expliqué tout l’espoir et les attentes à l’époque. Elle a fait écho aux mots des autres orateurs lorsqu’elle a fait valoir qu’AJAN a fait beaucoup, qu’il représentait l’espoir pour beaucoup de gens, mais qu’il reste un long chemin à parcourir. 

Ce garçon du Congo, qui a partagé sa préoccupation avec Père Kubabantu va être encouragé par ce qu’il entendra à Parlons-SIDA lorsque son directeur sera de retour. Ses derniers mots à Père Kuba avait été : « Revenez avec la bonne nouvelle que vous serez là demain pour nous. »

Demain et pour aussi longtemps qu’il le faut, AJAN sera là.