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Christ, Vie et Lumière au cœur du monde

Notre réflexion pour le jour de Pâques est écrite par le Père Elphège Quenum SJ, Directeur du Réseau Jésuite Africain contre le SIDA (AJAN)

Vie, Lumière et Salut : tels sont les termes clés de la célébration pascale qui conclut le temps de carême qui nous y a préparés. Pâques nous révèle de façon éloquente et splendide que le Christ, par sa résurrection, féconde notre vie, nous éclaire de sa Lumière et opère définitivement notre rédemption. Dieu a établi le Christ « Juge des vivants et des morts » (Ac 10, 42). Nous sommes désormais passés par la mort pour avoir notre vie hébergée par le Ressuscité (Col 3, 1-4).

A l’exception des auteurs des œuvres de ténèbres, nous expérimentons tous l’effet consolateur et rassurant de la lumière lorsqu’elle vient dissiper les ténèbres qui nous maintenant dans la peur et l’inquiétude. L’accès à la foi en la résurrection est l’éclairage de cette Lumière du Ressuscité expérimentée par les apôtres devant le tombeau vide. La Lumière du Christ ressuscité nous éclaire, illumine le monde d'une lueur nouvelle ; Elle met fin à la nuit, elle disperse les ténèbres, elle met fin à la mort. La symbolique des bougies de la veillée pascale est vivifiante. Désormais la lumière du Christ ressuscité brille en nos cœurs. Et la vie naît du tombeau.

Mais la réalité des diverses souffrances dans le monde peut nous rendre sceptiques. Qu’apporte cette Lumière dans la vie de nombreuses personnes qui connaissent des tragédies diverses ?

La Pâques est le sommet d’une vie qui a traversé l’injustice, la condamnation, la passion, le crucifiement et la mort. Le pape François nous a bien rappelé cela au début de la semaine sainte : Jésus « n’est pas un naïf qui sème des illusions, un prophète "new age", un vendeur d’illusions, loin de là : il est un Messie bien déterminé, avec la physionomie concrète du serviteur, le serviteur de Dieu et de l’homme qui va vers la passion ; c’est le grand Patient de la douleur humaine. » Il nous faut, comme le pape nous y invite, apprendre à voir Jésus en celui qui souffre aujourd’hui. La Pâques n’existe pas sans la Passion. La souffrance du Christ reflète et assume celles humaines. Le Christ « est présent dans beaucoup de nos frères et sœurs qui aujourd’hui connaissent les souffrances comme lui : ils souffrent du travail d’esclaves, ils souffrent de drames familiaux, de maladies… Ils souffrent à cause des guerres et du terrorisme, à cause des intérêts qui font mouvoir les armes et qui les font frapper. Hommes et femmes trompés, violés dans leur dignité, rejetés… Jésus est en eux, en chacun d’eux, et avec ce visage défiguré, avec cette voix cassée, il nous demande à être regardé, à être reconnu, à être aimé. »

De nombreux visages, dans le besoin de la Lumière du Christ Ressuscité, fourmillent dans notre tête au moment où nous nous apprêtons à célébrer la Pâques : les personnes torturées par le VIH et le SIDA, ainsi que leurs familles fragilisées avec qui nous travaillons. Que le Ressuscité les éclaire de sa Lumière, leur partage sa joie éternelle et soulage leur peine. Qu’il renforce tous ceux qui se consacrent à leurs services.

Excellente Fête de Pâques à tous et chacun !